Le private equity fait évoluer la pratique M&A : jusqu'où ?

Si l'année 2006 confirme le retour en force des opérations de fusions et acquisitions, le paysage a quelque peu changé depuis la précédente vague des années 2000. Pendant les années de tensions sur la dette des grands groupes, les fonds de private equity, avec une capacité d"investissement toujours croissante, ont pris le relais en multipliant les opérations. Et ce au bénéfice parfois de ces groupes qui ont restructuré leurs activités et cédé des filiales.
La marge de manœuvre financière retrouvée des grandes entreprises fait que l’on trouve le plus souvent à la fois des financiers et des industriels en concurrence sur un deal. Dans le même temps, on observe une convergence d’intérêts, dans l’approche et dans les pratiques, de plus en plus forte entre les deux catégories d’acteurs :
de nombreuses entreprises, tout en cédant une activité à un fonds, maintiennent une participation aux fins de maximiser la valorisation de leur investissement initial et de faciliter la transition du mode actionnarial (Lafarge pour Materis, SNCF pour Keolis) ;
les cessions ne sont plus dans le sens unique de l’entreprise vers le fonds, et les acquisitions par grands groupes de sociétés contrôlées par des fonds ont démarré (Galbani, BSN Glasspack) ;
certaines entreprises cotées nouent des partenariats avec des fonds pour les accompagner dans leur développement (Elior, Accor) ;
plus récemment encore, même si cela reste exceptionnel, industriels et fonds s’allient pour reprendre des sociétés (Zodiac/Carlyle, Veolia/Butler).
Si l’on a pu voir les fonds rechercher les compétences d’industriels chevronnés, l’inverse est aujourd’hui vrai, les entreprises du CAC 40 n’hésitent plus à recruter des profils issus du private equity pour leurs équipes M&A.
En dépit de logiques d’investissement différentes, cette porosité de plus en plus grande entre industriels et acteurs private equity engendre déjà une première convergence : celle des pratiques M&A. De la même façon que l’on voit un fonds aujourd’hui proposer une logique industrielle aux sociétés qu’il contrôle (fusion Bonna Sabla/Consolis), verra-t-on les entreprises rejoindre les pratiques du private equity en matière de dette d’acquisition et d’effet de levier, de culture du cash, de due diligence, de package de rémunération des managers, de gouvernance, etc. ?
L’objet de cette conférence, qui réunira la communauté M&A parisienne sera d’identifier les pratiques qui ont fait leurs preuves en matière de fusions et acquisitions et d’analyser leurs évolutions dans ce contexte de convergence d’intérêts. Les acteurs même des deals au plus haut niveau (dirigeants de grands groupes, associés de fonds) interviendront et débattront des différentes formes que peuvent désormais prendre les relations entre les industriels et acteurs du private equity.